Ce ne sont pas deux produits, ce sont deux logiques
Le semi-permanent est un vernis. Un vernis renforcé, catalysé sous lampe, mais un vernis : il colore et protège, sans ajouter de matière. Il épouse l'ongle tel qu'il est. S'il est souple, il reste souple ; s'il est fin, il reste fin.
Le gel est une matière. On le construit sur l'ongle, en épaisseur maîtrisée, pour renforcer une plaque qui casse, corriger une forme, ou allonger. C'est une petite architecture : elle tient parce qu'elle a été pensée, pas parce qu'elle est épaisse.
D'où une conséquence que beaucoup découvrent trop tard : un semi-permanent posé sur des ongles qui se dédoublent ne les réparera pas. Il tiendra huit jours, se soulèvera avec la couche d'ongle qu'il emporte, et le problème sera pire qu'avant.
Combien de temps ça tient, vraiment
Un semi-permanent tient deux à trois semaines. Un gel, trois à quatre, avec un remplissage plutôt qu'une dépose complète — c'est la repousse à la base qui décide, pas l'usure de la couleur.
Ces durées supposent une chose : que la préparation ait été faite. Cuticules travaillées, plaque dépoussiérée, contour entièrement dégagé. C'est là que se joue la tenue, pas dans la marque du produit. Une pose bâclée décolle en huit jours à cinquante euros comme à trente.
Un repère utile : si votre pose se décolle systématiquement au bout de dix jours, ce n'est ni votre faute, ni celle de vos ongles « qui ne tiennent rien ». C'est la préparation.
Le calcul à l'année, celui que personne ne fait
Un semi-permanent renouvelé toutes les trois semaines, c'est dix-sept rendez-vous par an. Un gel remplissé toutes les quatre semaines, c'est treize. À prestation comparable, l'écart de prix par séance se rattrape en partie sur le nombre de séances — et surtout sur le temps passé, une heure trente contre deux heures.
Le vrai coût, c'est le temps. Une pose gel demande deux heures : c'est incompressible, et un salon qui vous en promet une en quarante minutes vous vend une pose qui ne tiendra pas.
Comment on choisit, à l'atelier
On regarde vos mains. Vraiment : l'état de la plaque, la souplesse, les traces d'une pose précédente, ce que vous faites de vos journées. Quelqu'un qui jardine, qui travaille les mains dans l'eau ou qui tape huit heures par jour sur un clavier n'a pas les mêmes besoins.
En général : semi-permanent si vos ongles sont sains, courts et que vous voulez simplement qu'ils soient nets. Gel s'ils cassent, se dédoublent, ou si vous voulez une longueur qui ne bouge pas.
Et il n'y a pas de mauvaise réponse définitive : on passe de l'un à l'autre sans drame, à condition de déposer proprement entre les deux.
Questions fréquentes
- Le gel abîme-t-il les ongles ?
- Non — ce qui abîme, c'est la dépose. Arracher une pose emporte des couches d'ongle naturel. Une dépose faite au salon, en douceur, laisse l'ongle intact : c'est pourquoi elle a son propre tarif et son propre temps de rendez-vous.
- Peut-on passer du semi-permanent au gel directement ?
- Oui, après une dépose complète. On repart d'un ongle nu, remis en état, ce qui permet de poser le gel sur une base saine plutôt que sur un reste de vernis.
- Faut-il laisser respirer ses ongles entre deux poses ?
- L'ongle n'est pas un tissu vivant qui respire : c'est de la kératine morte. Une pause n'est donc pas nécessaire en soi. Elle le devient si l'ongle a été maltraité — et là, c'est un vrai soin qu'il faut, pas une absence de pose.
Cet article parle d'un soin pratiqué à l'atelier, à Aigaliers, à dix minutes d'Uzès.